Les jeux sont faits, M. Hollande sera le nouveau président de la république française. Comment pourrait-il en être autrement?
Les français feraient preuve d'une irresponsabilité intellectuelle, d'une profonde hypocrisie, s'ils remettaient à la présidence M. Sarkozy. En effet, ce non sens traduirait une addiction malvenue à un personnage que la grande majorité du peuple ne porte pas en haute estime et l'affuble de sobriquets peu élogieux. Si un tel comportement venait à sévir, il serait, à l'évidence, contraire à une saine logique d'entendement de la conjoncture actuelle et définirait un masochisme populaire affligeant.
Ce n'est pas que le peuple de France trouve en M. Hollande un sauveur inespéré, mais c'est le moindre mal au pire déjà expérimenté et qui n'a pas encore dit son dernier mot.
Au premier tour Mme Le Pen s'est attribuée un nombre de voix considérable qui lui concède une nouvelle assise sur la scène politique française. En fait, ce n'est pas tant la valeur de ses idées radicales qui plaisent véritablement, mais en l'occurrence, l'expression de nouveauté qu'elles conçoivent dans le paysage politique si passablement figé; un immobilisme qui excède et demande une démarcation révolutionnaire et attractive. La déception, le sentiment d'être dévaloriser, le retrait de l'affirmation de soi en tant qu'être et citoyen sont le moteur des contradictions humaines. Une pénible condition de tous ces individus qui mènent une vie aléatoire qui par un vote protestataire vers un parti radical traduisent un profond désarroi.
La souffrance social est comme un estomac vide, elle n'a pas de maitre ni de raisonnement et elle conduit à des actes inconsidérés et porte, parfois, aux nues le plus terrible des démons. A travers un bonheur prophétisé, on ne perçoit que trop tard les flammes d'un nouvel enfer.
Ces présidentielles à la française 2012, nous montrent la désespérance d'un peuple qui ne sait plus où il en est. Entre un M. Sarkozy, qu'il ne supporte plus et un M. Hollande, qu'il qualifie de mou, mais qui représente un changement, il voudrait, malgré tout, montrer qu'il existe et le manifeste par une sérieuse participation au vote du premier tour.
Tout le monde parait surpris des résultats de Mme Le Pen. Pourtant, à moins de le feindre, l'étonnement n'est pas de mise. Il s'agit d'une résultante logique de la procédure visant à l'élection de l'élu. En effet, l'électorat montre sa grande intelligence dans la pratique du système de vote à deux tours du suffrage universel. Il n'est nul besoin d'être politologue ou autre spécialistes, qui ne servent à rien , par ailleurs, et n'oublions pas les instituts de sondage, qui seraient à supprimer pour une meilleure expression de la démocratie, pour voir que bien souvent, le peuple montre sa désapprobation au premier tour soit par un abstentionnisme conséquent ou un vote vers un parti extrême qui choque les consciences.
Cet électorat français, responsable, possède un particularisme, ce besoin incantatoire de pousser ‘' un coup de gueule'', de mettre en avant un acte fort même s'il est contraire à ses propres convictions, justement parce que celles-ci ne sont pas prises en compte comme il le faudrait, mais tout en s'assurant de ne pas dépasser l'extrême limite.
Tous ces faits démontrent que le peuple est un électeur conscient des débats et des enjeux et détient lui aussi l'art de la manipulation comme tous les candidats qui les manipulent. A la fin, on peut se demander, qui manipule qui?
Alors comment s'imaginer que le ce corps électoral, si réactif commette la bévue de redonner un autre mandat à M. Sarkozy, qu'il connait maintenant sous toutes les coutures. Un tel acte serait une forme de résignation à un destin implacable. Ce serait la victime qui tomberait amoureux de son bourreau. Ce serait la fin de l'opposition et la mise à mort des forces nouvelles émergentes. Ce serait la consécration pour un individu qui se sent déjà un empereur dans l'âme. Ce serait un début de: «Fermer vos gueules! Puisque vous l'avez voulu.»
S'il ne veut pas contredire sa logique de pensée et montrer son désir de changement, le peuple français n'a pas d'autre choix que d'élire M. Hollande, non pas pour sa stature médiatique qu'il n'a pas. Non pas pour un programme miracle, qu'il n'a pas. Mais surtout, parce qu'il représente une mouvance autre que M. Sarkozy qui sature les esprits et auquel on afflige tous les torts, ce qui n'est pas forcément une vérité absolue.
Les crises sont ainsi faites, surtout quand l'être social est touché de plein fouet, elles apportent l'éclosion d'éléments de mutation, la mise en œuvre de valeurs capables de renverser le monolithisme existant.
M. Sarkozy caractérise une force de frappe brutale et symbolise une caste de la société. Son expérience en qualité de président a effrayé les français et fait de lui un ogre insatiable en mesure de pratiquer le cannibalisme, dévorer son propre peuple. Il est l'électron, trop libre dont on souhaite se débarrasser pour gagner en sérénité. Même, s'il faut choisir un M. Hollande qui démontre une forme de faiblesse d'affirmation charismatique. Cependant, il représente une bonté d'âme qui donne à ses actions un altruisme vindicatif.
Le peuple dans son désarroi préfère se tourner vers cet être débonnaire et plein d'espérance car il n'a plus que cette option pour croire que son avenir pourrait être plus acceptable.
Malgré tout, tout en donnant ce mandat à M. Hollande. Le peuple n'est pas dupe. Le comportement humain est bardé d'égoïsme et rien ne changera radicalement tant que les humains ne se donneront pas les moyens de se changer eux-mêmes, en une espèce intelligente, raisonnable, respectueuse de ses semblables et de la terre nourricière qui consacre son existence.
L'électorat est un donc un ensemble de personnes dotées de faculté de raisonnement et d'intelligence pertinente. Alors, pourquoi se borne-t-on à le prendre pour un demeuré? Pourquoi est-il nécessaire que les deux candidats qui concourent à la plus haute marche du podium, fassent encore étalage de leurs propositions durant encore deux semaines? Ne l'ont-ils pas assez promulguées depuis tous ces mois et années passés à un peuple contraint de s'en imprégner.
Il serait bienvenu qu'un vrai respect soit accordé aux électeurs. Il est indéniable que chaque citoyen sait de quelle manière il votera le moment venu et cela, dès le premier tour. Penser qu'il changera subitement d'avis suite à deux semaines sulfureux et tumultueux serait le prendre pour une girouette sans cervelle.
Il serait plus judicieux de donner à ces deux semaines d'entre deux tours une valeur d'espace de réflexion intime. Un moment à part où tout un chacun se retrouverait individuellement et considérait en toute objectivité sa propre conviction à donner un nom à son vote. Il est donc nécessaire de mettre en retrait les outrecuidances médiatiques, les palabres insipides des soi-disant spécialistes, des hypothèses mirobolants des instituts de sondage, des meetings insidieux des candidats qui ne font que valoir une forme de rivalité malveillante ornée de propos poussant à la négation de l'autre. Tout un matraquage inutile qui n'apporte que cafouillage et doute dans les esprits en mal de satisfaction.
La notion d'honnêteté et de justice, sans perversion, doit s'appliquer à la réflexion qui doit mener à un choix strictement personnel pour donner vie à une décision universelle. Le droit de se donner une force de vie et conceptualiser un avenir décent à une société humaine qui est le fruit de nos sensations d'êtres vivants.