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25 mai 2010 10:47

Une commémoration de plus pour affirmer un devoir de mémoire.

 
Le besoin de se remémorer les pratiques malveillantes d’un passé, pas si lointain que cela, atteste de l’existence toujours présente de ce mal être dans nos sociétés modernes. En effet, si une évolution des rapports et des échanges satisfaisait tout le monde, nous n’aurions pas à valoriser des épisodes de l’histoire pour faire part de nos réalités de vie. Il est à croire que ce besoin incantatoire de se plonger dans le passé devient comme une preuve de désapprobation de ce qui se passe dans notre présent.

L’esclavage, la Traite des noirs, sont une perfidie envers la race des hommes dans sa globalité, parce qu’ils se sont parés d’un caractère inhumain et industriel à forte rentabilité pour un ensemble de pays. Là, réside toute la puissance de l’être humain. Les blancs ont montré que les humains pouvaient, lorsqu’ils s’unissaient, changer la face du monde. Ils se sont accordés, pour cause de profit, le droit de choisir une race selon des critères bien définis et de les asservir en faisant fi de toutes les règles de droit, de préceptes moraux et religieux, qu’ils avaient promulgué.


De toute cette tragédie, que devons-nous en déduire ? Le fait est, que le noir a donné une grande leçon à la nation blanche et l’a fait progresser dans plusieurs domaines.

Le blanc a toujours pensé, qu’il régissait le monde à sa convenance et que sa puissance était inconditionnelle. L’esclavage d’autres hommes a semé le trouble dans l’esprit de certains individus de la communauté blanche. Une autre approche de l’humain s’est manifestée. Des sentiments de partage et d’égalité ont commencé à germer pour donner naissance à la reconnaissance de l’homme noir comme un être faisant partie de la race humaine et non pas des bêtes de somme.

N’oublions pas, que malgré la révolution française de 1789 qui proclamait la liberté de tous les hommes et affirmait des droits fondamentaux. L’esclavage a été tout de même maintenu, durant plusieurs années, sous le gouvernement des hommes qui se disaient prêts à défendre le droit de tous à une vie meilleure. La contradiction était bien de mise pour cause d’intérêt privé et de profit.

La démarche d’un changement de mentalité a bien été amorcée par la présence des noirs. La condition des esclaves a forcé des blancs à redéfinir une façon de penser. Ils ont pris conscience, que le monde ne devait pas être fondé sur la déchéance d’un peuple. Ils ont fait parler l’affectivité qui existe en tout homme pour en faire une force commune et s’allier contre l’asservissement d’individus semblable à eux en humanité.

La commémoration sert aujourd’hui à cela. Le noir en subissant un crime odieux a servi, malgré lui, à donner une autre mouvance à la pensée blanche. Dans sa condition d’esclave, il a crée la dissension parmi ceux qui les opprimaient et les amener à se battre entre-eux.

Le noir a fait valoir l’humanité de l’homme blanc. Il ne lui a pas donné que cela. Il lui a porté le rythme dans la vie. Il lui a donné le goût de l’exploit sportif. Il lui a donné l’attrait des choses mystiques. Il lui a donné, l’approche de l’innocence, la gaieté, la saine joie de vivre et l’éclat d’un rire tonifiant.

Malgré tous les avatars de son histoire, toutes les brimades qui sont encore les siennes. Malgré la dispersion de son peuple à travers le monde qui a détruit son rêve d’unité, le noir révèle une faculté d’adaptation hors du commun.

Le vrai pouvoir d’une commémoration serait, qu’il n’en existe plus. Tant que nous aurons à célébrer les faits tragiques du passé, c’est que le monde n’aura pas évolué de façon à nous faire oublier ce fameux devoir de mémoire. Malheureusement les faits passés nous servent d’arguments pour renforcer nos revendications du temps présent. L’esclavage, de nos jours, n’a pas encore disparu. Il existe un peu partout et touche non plus des noirs en majorité mais toutes sortes d’individus. Il a pris des formes différentes, mais se complaît insidieusement à survivre. La tragédie de l’asservissement est bien un fait d’actualité, morale, physique, religieuse, économique, elle est une plaie béante où s’enlise graduellement la condition humaine.


En conclusion, le noir africain pris dans un piège presque sans recours est devenu comme le cheval de Troie dans la société blanche. Il a fomenté, de par sa condition de bête enchaînée, une révolte intellectuelle parmi ces geôliers blancs ; jusqu’à les amener à se battre pour eux. Il s’agit tout de même d’une grande performance, car en somme, l’homme blanc, en réduisant le noir à l’esclavage, a aussi amorcé la fin de ses privilèges. Beaucoup d’entre-eux ont accepté la notion d’égalité entre les races. La suprématie mondiale du blanc, comme être supérieur, n’est plus aussi flagrante et pour comble d’incohérence, c’est lui-même qui propagea un métissage ethnique à travers le monde entier.


La commémoration ne doit pas être un événement pour raviver les rancœurs et réaffirmer les culpabilités. Les faits passés sont passés. De tout ce que l’on pourra dire, l’histoire ne changera pas. Maintenant, il faut considérer que notre présent est plus important que le passé. Le passé ne devrait être qu’un vague repère dans la mesure où nous en tirons une leçon. En effet, évolué, c’est devenir meilleur et agir en gommant les erreurs des expériences malheureuses. Tant qu’on donnera une importance singulière aux malheurs de l’histoire, c’est que n’aurons pas évolué vers un véritable rapprochement entre les hommes. Le mal être, le sentiment de non reconnaissance sont des facteurs qui démontrent que les échanges intercommunautaires ont encore besoin de progresser.


Le seul but de ce type de commémoration serait de faire prendre conscience à tous que l’on ne vivra mieux sur cette planète, que le jour où on ne parlera plus de noir, de blanc, de jaune, de rouge, de métis, de chrétiens, de musulman, etc., mais simplement d’humains qui vivent sur la planète terre dans un esprit de partage, de bien-être et de valeurs équitables. Et surtout de se dire, que ce n’est pas un rêve ! Si nous le voulons, nous pourrions le faire. Il faut juste, que tout le monde le veuille et ça pour arrêter de parler dans le vide et débuter un changement véritable de nos formes de sociétés.



Rédigé le 25 mai 2010 10:47  -  Lien permanent

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